Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Ça caille


Chacun voit le Midi à sa porte. Certains, dès moins cinq.

Au cieux, insoucieux de la température, 
Les Dieux se moquaient bien des frasques de Mercure, 
Tandis que dans les bois, chez les gallinacés, 
On damnait les degrés par Celsius baissés. 
 
L’été cédant le pas aux premiers jours d’automne, 
Il était temps de dire : « En voiture Simone ! », 
S’expatrier au sud vers des pays plus chauds… 
 
Et voilà qu’un gaillard parmi ces passereaux 
Dit à sa dulcinée : « Ô ! ma biche, ça caille ! » 
 
Quel mâle, dites-moi, dit ma biche à sa caille ? 
Faut-il être frileux ! Faut-il qu’il ait caillé 
Pour vivre dans un couple ainsi dépareillé. 
Il eut pu demander : « Mon chou, comment ça pèle ? 
Par ce froid de canard, Ô ! mon cœur, ce qu’on gèle ! » 
 
Sur les coups de moins cinq en brrr, grrr et gla-gla, 
Voilà qu’en moins de deux la paire s’envola. (1) 
 
Pour être en froid avec l’office du tourisme, 
Les gibiers migrateurs de l’héliotropisme 
S’en allaient rechercher des rayons de soleil 
Répondant aux halos de leur lune de miel. 
 
(1) Même le bon ch’timi, rarement refroidi, 
Ne pourrait supporter moins cinq dans le Midi. 

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Cette entrée a été publiée le 10 mai 2018 par dans Gallinacé, Gibier, Oiseau, et est taguée .
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