Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Les moules frites


Ce n’est pas tous les jours fête.

Depuis deux ans déjà deux moules de bouchot
Se berçaient de l’espoir, dans leur cœur d’artichaut,
De plaire au mareyeur par leurs belles coquilles,
Comme rêvent d’amour toutes les jeunes filles.

Elles voulaient lâcher leur pilotis douillet
Dans les chauds environs du vingt et un juillet,
Sans savoir qu’en ce jour de saison estivale
La Belgique battait fête nationale.

Elles couraient pourtant un tout autre péril
Par un oiseau doté d’un bec en coupe-fil,
Car au-dessus des parcs rodait l’huîtrier-pie
Dont la faim l’invitait à les mettre en charpie.

Leur maman leur disait : Gardez-vous d’embellir !
On meurt en succombant à ce vilain plaisir ;
Si l’huîtrier vous voit, alors vous êtes frites,
Et si l’homme vous prend, vous côtoierez les frites !

La fable ne dit pas quel destin fut le leur,
Mais le second parut aux Belges le meilleur.

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Cette entrée a été publiée le 6 mars 2018 par dans Mollusque, et est taguée .
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