Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Les puces savantes


Sur une idée de Molière.  Peut-on s’enfermer avec les clés du savoir ?

Ayant pris d’un toutou leurs claques et leur cliques,
Deux puces se plaignaient du commerce des tiques
Avec qui les propos, dialogues, débats,
Ne servaient qu’à tirer les choses vers le bas.

Un pou qui se disait aussi savant que sage
Proposa sa férule en fouet de dressage ;
Pour elles s’ouvrit donc l’école Trissotin
Où l’on se cultivait d’un rata de latin.

Les cours du trois fois sot dans cette coterie
Approchaient les sommets de la pédanterie :
« On n’atteint, disait-il, à la perfection
Qu’avec la sapience et l’érudition ! »
– Quoiqu’il ait pu sortir de semblables fadaises
Sans devoir s’infliger l’emploi des diérèses –

Mais les puces cherchaient à nourrir leur espoir, 
Et, comme l’art pour l’art, à savoir pour savoir.

Un beau jour leur toutou (celui des tiques sottes),
Railla subtilement leurs façons idiotes :
« Je vois, déclara-t-il, qu’à trop ouvrir l’esprit,
Comme la fleur du soir votre raison flétrit. »

« Va de retro canem ! » firent les parasites,
Voulant passer ainsi pour des puces instruites.

Il plia donc bagage, enclin à rigoler
Que les bêtes de sang cherchaient à l’étaler.

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Cette entrée a été publiée le 13 février 2018 par dans Insecte, Parasite, et est taguée .
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