Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Et les Shadoks pompaient


À la mémoire de Jacques Rouxel, et de Claude Piéplu.

Pas très loin de la Terre une race stupide
Pompait, pompait, pompait sur son astéroïde.

« Ga Bu ! » vociférait l’un de ces échassiers,
Un Shadok bien connu pour ses propos grossiers,
Maudissant et damnant cette tâche imposée
Qui servirait, un jour, à lancer leur fusée.

« Zo Meu ! » répondait en écho l’inventeur du machin
Qui leur avait promis le grand départ prochain.

Ils pompaient surtout sec la planète voisine,
Et la guerre durait, vaine et picrocholine.

Mais un jour le Devin de ces drôles d’oiseaux
En voyant que chacun en avait plein le dos
Vint à prophétiser un échec prévisible
Si l’on n’arrêtait pas la pompe à combustible.

Sitôt l’on entendit : « Zo Meu ! Ga Zo ! Ga Bu ! »
Voulant dire par là que, lors même fourbu,
Cette tâche on l’aimait pour l’avoir bien suivie, 
Et n’avoir fait que ça tout au long de sa vie.

On entendit itou : « Zo Ga Meu ! » Ces mots dits
Témoignant de leur haine envers tous les Gibis,
Mais dévoilant aussi leur appétit de guerre
Tant qu’existait près d’eux une race étrangère.

Et les Shadoks pensaient : « Je pompe donc je suis. »
Et les Shadoks pompaient. C’est tout pour aujourd’hui.

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Cette entrée a été publiée le 3 février 2018 par dans Fabuleux, et est taguée .
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