Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le bal des loups


On peut cacher ses traits, mais pas sa nature.

Au bon gras du mardi, dans le cours hivernal,
Une meute aux abois fête le carnaval ;
Une meute des bois dont les cris, en l’espèce,
Ne sont pas renommés pour être de liesse.

Mais cela se passant durant le mois des fous,
Accordons de la joie aux hurlements des loups.

Pour encore accuser cette même folie
La forêt, pour un bal, se retrouve remplie
D'Ysengrins de tout poil, et donc sans vêtement,
Mais à leur guise un loup comme déguisement.

On hurle, on crie, on rit, car le port de ce masque
Donne à chacun d’entre eux une allure fantasque,
Et sous ce camouflage, ô combien saugrenu,
L’un à l’autre devient un parfait inconnu.

« Qui donc êtes-vous donc ? » interroge une louve
Un masque de satin qui de ses trous la couve,
Sans voir qu’en ce regard de parfait ahuri
Se trouve, emmitouflé, tout l’amour d’un mari.

Et le succès du bal tient au fait délectable 
Que personne en ce lieu ne soit reconnaissable,
Quand survient sous un voile et des yeux de hareng,
Le plus connu des loups pour son pelage blanc.

« Derrière ce poil clair personne tu ne caches,
Et tu ne sais, l’ami, la fête que tu gâches ! »
À la fin lui diront tous les carnavaliers,
Dévoilant leur dédain des êtres singuliers.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 14 janvier 2018 par dans Canidé, Carnivore, et est taguée .
%d blogueurs aiment cette page :