Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

L’âne et le boeuf


Quand on n’est pas né pour la gloire…

Au début de l’hiver, lors d’un rite immuable,
On met l’âne et le bœuf dans le coin d’une étable
Où le brave Joseph, en bon samaritain,
A conduit sa Marie accoucher du destin.

En début de soirée on les voit tous les quatre
Arpenter ce logis, qui pour l’âne est un cloître ;
Il se plaint en brayant de se voir confiné
Pour faire hi-han devant Dieu sait quel nouveau-né :

« Pour l’enfant à venir, ils ont pris la mangeoire.
Dois-je faire ceinture et braire pour sa gloire ? »

« Allons ! répond le bœuf. Joue et suis le scénar,
Car même un second rôle obtient un jour l’Oscar.
Sais-tu qu’Aliboron (1) a mis un millénaire 
Avant de devenir un acteur populaire ? »

« Moi, je dois être nul, car la scène, tu vois,
On me l’a fait jouer plus de deux mille fois ! »


(1) Vient d’hellébore noir, ou rose de Noël,
Qu’on met en crèche aussi depuis un âge vieil.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Information

Cette entrée a été publiée le 24 décembre 2017 par dans Bovidé, Equidé, et est taguée .
%d blogueurs aiment cette page :