Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Mimi Pinson


Inspiré du conte d’Alfred de Musset. On fait ce que l’on peut, rarement davantage.

Mimi Pinson chantait, non comme les oiselles,
Mais d’une voix d’argent, fusant en étincelles
Dont la gerbe d’éclats, par sa limpidité,
Arrosait le public de notes de gaîté.

Elle vivait de peu, jeunesse insouciante,
Heureuse d’exister, moins fière que plaisante,
Donnant sans rechigner tout l’or de son humeur,
Sans se douter qu’il fut sa plus grande valeur.
Mais il ne suffit plus de cette maigre aumône Quand la neige tomba sur la traîne d’automne. Un brave rossignol, lui-même intermittent, Lui porta quelquefois un grain réconfortant, Et quelques vieux haillons pour épaissir sa robe : Philomèle jamais n'eut le cœur xénophobe. Et pourtant ce bon cœur soupira de regret Lorsqu’il vit le pinson au fond d’un cabaret Écluser tout son saoul et s’enivrer de joie, Comme l’ange, parfois, dans le mal se dévoie. « Quand quelqu’un, se dit-il, donne tout ce qu’il a, Peut-on lui demander de faire plus que ça ? »

2 commentaires sur “Mimi Pinson

  1. pich24
    26 septembre 2017

    Je n’avais pas souvenir de la référence à Mimi Pinson dans la fameuse « Supplique » de Brassens, et pas connaissance de la chanson « Honte à qui peut chanter ».
    Mais le personnage est l’enfant de Musset :
    http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=94&%23
    http://www.analysebrassens.com/?page=texte&id=176&%23

    J’ai adoré votre question : La poésie cultive le cœur et la raison, n’est-il pas ? Je ne saurais y répondre, mais je trouve épatant de rapprocher deux choses si opposées.

    Aimé par 1 personne

  2. Anne de Louvain-la-Neuve
    25 septembre 2017

    Alors, j’en ai appris de belle grâce à vous. Il me semblait avoir reconnu Mimi Pinson quelque part, mais où ? Après recherches, il s’agit d’abord de la chanson qui vient des mots d’Alfred comme vous dites. Et puis surtout, il y a Brassens où il évoque deux fois Mimi Pinson dans  » Supplique pour être enterré sur la plage de Sète » et Maxime Leforestier dans un chanson posthume du même Brassens : « Honte à cet effronté qui peut chanter pendant, Que Rome brûle, elle brûle tout le temps, Honte à qui malgré tout fredonne des chansons, A Gavroche, à Mimi Pinson. » La poésie cultive le cœur et la raison, n’est-il pas ? Merci pour votre talentueuse imagination.

    Aimé par 1 personne

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Cette entrée a été publiée le 25 septembre 2017 par dans Chanteur, Oiseau, et est taguée .
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