Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le lièvre et la tortue


Dernière fable de la série. Pour celle-ci, j’ai fait avec mes rimes.
Comme chacun a en tête la fable qu’en fit La Fontaine, je donne ci-dessous la version d’Ésope qui l’inspira, et je laisse la mienne au milieu.

Le lièvre et la tortue en un pari stupide,
S’affrontent pour savoir lequel est plus rapide.
Si chacun sait lequel toucha le preum’s au but,
J’aimerais cependant tout reprendre au début…

« Vous créez le danger à tenir cette allure !»
S’est plaint le vif rongeur qui, tel l’éclat, fulgure.

« Je prétends qu’à ce bois que vous voyez là-bas,
Je serai la première avec mes petits pas ! »
S’est moqué la tortue avec tant d’assurance
Que le lièvre, interdit, l’a pris comme une offense.

« Quelle sotte ai-je été ! » pense si loin du bois
La pataude en traînant sa misère et son poids.

Pour dire à qui des deux doit revenir le titre,
Le renard est venu se poser en arbitre ;
Et le voilà, rusé, qui glisse son œil fin
Vers l’un qui vague aux prés, l’autre sur le chemin.
Car l’animal à poils et de cuisse légère
Est si sûr de son fait devant son adversaire
Qu’il musarde et qu’il muse en rêvant aux honneurs
Que lui rendront bientôt renard et spectateurs.

Mais il se convainc tant d’empocher la médaille
Que, presque, il oublierait d’entamer la bataille ;
Et lorsqu’il sort enfin des songes de lauriers,
Le reptile aux pas lents en arrive aux derniers.

Tel chauffard ou Fangio qui vers la mort se rue,
Le lièvre, en dératé, rattrape la tortue,
Mais quand tombe sur elle un fanon à damier,
Tombe son vent d’espoir de finir le premier.

Pour ne pas perdre tout : et le prix et la face,
Il souleva bien haut la bête à carapace.


Par Ésope  (VIIe – VIe  siècle av. J.-C) : 


Le Lièvre considérant la Tortue qui marchait d'un pas tardif, 
et qui ne se traînait qu'avec peine, se mit à se moquer d'elle
 et de sa lenteur. La Tortue n'entendit point raillerie, 
et lui dit d'un ton aigre, qu'elle le défiait, 
et qu'elle le vaincrait à la course, 
quoiqu'il se vantât fièrement de sa légèreté. 
Le Lièvre accepta le défi. 
Ils convinrent ensemble du lieu où ils devaient courir, 
et du terme de leur course. 
Le Renard fut choisi par les deux parties pour juger ce différend. 
La Tortue se mit en chemin, et le Lièvre à dormir, 
croyant avoir toujours du temps de reste pour atteindre la Tortue, 
et pour arriver au but avant elle. 
Mais enfin elle se rendit au but avant que le Lièvre fût éveillé. 
Sa nonchalance l'exposa aux railleries des autres Animaux. 
Le Renard, en Juge équitable, donna le prix de la course à la Tortue.

lievre-tortue

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Cette entrée a été publiée le 30 novembre 2016 par dans Herbivore, Léporidé, Reptile, et est taguée .
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