Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le poisson rouge à l’aquarium


Transposition des actualités de l’été 2016.

Un petit poisson rouge habitant un bocal
Voulut un jour nager au bain municipal.

La plupart du fretin dans cet aquarium
Venait vêtu léger ou du strict minimum :
Un simple bout de fil recouvrant un cul chauve
Suffisait pour, qu’au moins, la morale soit sauve ;
Pour lui, son bel habit rouge de pied en cap,
Qui pourtant cachait tout, devint un handicap :

« Hep ! Le cyprin là-bas ! l’interpelle un gendarme (1)
Vous allez déclencher la clochette d’alarme.
Pourquoi vous affubler de ce rougekini
Dont on dit par on-dit que le port est banni ? »

«  C’est que je porte ainsi depuis ma tendre enfance ! »

« Trop se couvrir aux bains, aux culs nus fait offense ! »

« Mais il s’agit pour moi d’un voile de pudeur ! »

« Un camouflage, oui ! Presque provocateur ! »

« Ne puis-je le porter ailleurs qu’à la baignade ? »

« Qu’en sais-je ? Mais ici, fini la mascarade ! »

Il arrive parfois à l’esprit de clocher D’accuser sans raison un poisson de pécher. (1) Nom qu’on donne au vairon, car ce dernier arbore Des couleurs rappelant les habits du pandore. poisson2

2 commentaires sur “Le poisson rouge à l’aquarium

  1. zoé pivers
    3 octobre 2016

    J’ai lu d’un œil joueur, mais vite corrigé à raison : Un petit poisson rouge agité du bocal… Non, ce n’était pas du tout le sujet ! 🙂
    Rigolo d’avoir choisi le poisson qui était un signe de reconnaissance des chrétiens.
    J’ai beaucoup aimé le  » voile de pudeur  » qui tranche avec les culs nus et leur strict minimum.
    Des sourires bien aiguisés à faire grincer quelques dents, ce n’est pas sans me déplaire.

    Merci beaucoup

    J'aime

    • pich24
      4 octobre 2016

      Merci à vous Zoé pour votre lecture particulière.
      Oui, l’agité du bocal m’a effleuré l’esprit, mais convenez qu’il aurait desservi le sens. Par contre, le bocal en lui-même m’a semblé symbolique d’une sorte d’autarcie, qu’on peut traduire comme un repli identitaire. Pour vivre à l’étranger je connais bien ce réflexe humain qui nous pousse, par la peur de les perdre (ou par instinct de conservation), à se recroqueviller sur nos racines et notre culture.
      Ensuite, naturellement, je n’allais pas parler ouvertement de religion ; les allusions (le poisson chrétien, le port est banni, l’esprit de clocher, pécher) suffisaient, et j’ai voulu plutôt souligner l’imperfection de la loi (dont on dit par on-dit, qu’en sais-je ?) qui, comme les écrits saints, ouvre différents points de vue selon la lecture qu’on en fait.
      Et c’est pas peu dire que certaines de ces lectures font dans la mauvaise foi. Par contre, il en existe une belle de Yann Moix devant NKM (dont j’ai perdu les références).
      Merci encore.

      J'aime

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Cette entrée a été publiée le 1 octobre 2016 par dans Poisson, et est taguée .
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