Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

L’hirondelle émigrée


Reprise d’une fable offerte à DEBRA : http://www.debra.fr/.
La majorité n’est pas toute puissante. Au-dessus d’elle, dans le monde moral, se trouvent l’humanité, la justice et la raison. Alexis de Tocqueville.

Une tendre hirondelle émigrait chaque année,
Après un long survol en méditerranée,
Vers le temps estival et des quartiers d’été
Où l’accueil se foutait de la fraternité :

Les pattes dans le sol, lié par des racines,
S’inventant des passés recouverts de patines,
S’estampillant du cru, du terroir, preuve en main,
On rameutait la haine aux dépens de l’aubain.
Hirondelle 1« Ne suis-je point partout citoyenne du monde ? » De toute sa candeur interroge l’aronde. « Oui. Mais cela d’autant que tu restes chez toi ! » Rétorque l’alouette (1) avec mauvaise foi. Son nid est mis à sac ; par chance, une colombe Lui propose le gite avant que la nuit tombe. « Ah ! Les âmes du coin se muent en mauvais cœurs. Aidons-nous, lui dit-elle, entre oiseaux migrateurs. » On lance alors débat sur la place publique Entre les partisans du pur, de l’authentique, — Qui, pour être locaux, se targuent de pouvoirs Dont ils clament les droits, mais taisent les devoirs — Et le groupe craintif de la gent qu’il affronte, Gent dont les arguments sont embués de honte.
Hirondelle 2Car on se sent fautif devant le droit du sol : Chacun, loin de son nid, s’accuse un peu de vol ! Et malgré le visa, le tampon : Admissible On se fait tout tout tout le plus petit possible. Et tandis que grossit le groupe "pureté" S'efface doucement celui de "liberté".
Un peuple ne peut pas vivre dans l’harmonie Quand la majorité règne par tyrannie. (Tocqueville) (1) L’hirondelle n’a pas, analyse sournoise, Ainsi que l’alouette, origine gauloise.

3 commentaires sur “L’hirondelle émigrée

  1. amibrett
    3 mars 2016

    Je partage !

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  2. amibrett
    3 mars 2016

    Les pattes dans le sol, lié par des racines,
    S’inventant des passés recouverts de patines,
    S’estampillant du cru, du terroir, preuve en main,
    On rameutait la haine aux dépens de l’aubain.

    Merci pour cette envolée qui nous rappelle douloureusement une actualité brûlante

    J'aime

  3. Bonnefoy Camille
    19 février 2016

    Bien entendu j’ai aimé, et plus particulièrement : « Ne suis-je point partout citoyenne du monde ? » – « Oui. Mais cela d’autant que tu restes chez toi ! »…
    Je suis loin de mon nid, j’ai vieilli, j’ai compris, et…. je me vois plus grande. Plus de crainte, plus de honte. J’ai pris la liberté de tamponner mon cœur : Admissible
    Merci pour vos écrits, toujours très beaux.

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Cette entrée a été publiée le 18 février 2016 par dans Migrateur, Oiseau, et est taguée .
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