Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le bélier écolo


Jusqu’à quel point peut-on être soucieux de l’environnement ?

C’est grâce à la télé qu’un bélier sut, dans l’Indre,
Que la race des loups menaçait de s’éteindre. (1)

N’ayant vu de ces loups qu’à la télévision,
Il se dit qu’il pourrait faire une pétition
Et pourquoi pas, plus tard, créer une amicale
Condamnant les méfaits de la chasse animale. (2)
C’est ainsi qu’un oisif en suivant le J.T
Découvrit un remède à son oisiveté.
bélier3La race des moutons, héritant de Panurge, Suivit sans s’émouvoir son nouveau dramaturge En signant, yeux fermés, la revendication D’un bélier qui, du loup, refusait l’extinction. Et chaque samedi s’attroupait la ramade, Bêlant avec ardeur la même sérénade Devant son vieux berger qui, n’y comprenant rien, Était pourtant ravi qu’elle chanta si bien. Or, un beau samedi le bélier opiniâtre Porta son manifeste aux yeux de son vieux pâtre. Heureux de découvrir les paroles du chant, Ce dernier le parcourt, d’abord allègrement, Puis d’un air interdit, en se grattant la tête, Lorsqu’il saisit vraiment le sens de la requête. « Sache, dit le berger, que ce loup de malheur A comme qualité d’être ton prédateur. Ne fais pas le malin à vouloir le défendre Car il se peut qu’un jour il vienne te surprendre. » « Crois-tu, dit le bélier, être Monsieur Seguin ? Me prends-tu pour sa chèvre ou pour un bouquetin ? Je ne suis qu’un ovin, un mouton de campagne Qui ne cherchera pas à s’enfuir en montagne. »
bélier 4Le berger mit un terme à cette discussion En priant le bélier de bien faire attention. Or, peu de temps après, voilà qu’un loup bien mince, Pourchassé par les tirs de sa grande province, Se réfugia dans l’Indre où, comme par hasard, Il tomba dans les pieds du bélier campagnard. « Sache, dit ce dernier, si tu daignes m’entendre, Que nous sommes de ceux qui veulent te défendre. » « Sache, lui dit le loup, que tu n’es qu’un ovin, Et qu’à tout écouter je n’entends que ma faim. » La morale nous dit qu’à poursuivre son rêve Il se peut tout à fait qu’un beau jour on en crève. (1) Cette race de loups qui, soit dit en passant, N’avait à son avis rien de bien menaçant. (2) On se croit tous experts en lois écologistes. Surtout que le sujet manque de spécialistes.

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Cette entrée a été publiée le 6 mars 2013 par dans Mammifère, et est taguée .
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