Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

L’éléphant


J’avais écrit un jour cette parodie de l’Albatros de Baudelaire. Ce n’est pas tout à fait une fable (une fablette ?), mais on peut faire comme …

Souvent, pour s’amuser, les hommes de ménage (1)
Mettent les éléphants, précieux ivoiriens,
Dans des cirques sans joie où du fond de sa cage
Un mastodonte pleure au nom de tous les siens.

À peine les ont-ils déposés dans l’arène
Que ces rois de savane avancent, maladroits,
Comme dans un dépôt de plats de porcelaine
Avec, pour embarras, la bannière et la croix.

Ce trompeteur cornu se teinte de gris terne ;
Lui naguère si vif, qu’il se meut lentement !
Un dompteur, de son fouet, le claque et le gouverne,
Un clown mime sa trompe et son barrissement.

Le Poète est semblable à ce prince d’Afrique,
Qui chante en son domaine hymne à la liberté,
Exilé sous les feux de la pensée unique
Le poids de ses avis n’a plus d’autorité.

(1) Ainsi que le porcher dans une porcherie,
L’homme est dit de ménage à la ménagerie.

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Cette entrée a été publiée le 19 janvier 2013 par dans Mammifère, et est taguée .
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