Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

L’ibis sacré


Je n’ai eu que des rapports succincts avec la justice. Je n’en ai toutefois gardé que de mauvais souvenirs …

« Unum castigabis, centum emendabis » (1)
Voilà ce que professe un sacré vieil ibis
Qui prodigue ses cours dans la langue latine
Aux nouveaux magistrats en fourrure d’hermine.
« La morale en ce monde est guidée par la foi, Mais il faut la graver au marbre de la loi. En étant rigoureux dans toutes vos affaires, Vous rendrez des verdicts pour qu’ils soient exemplaires ! » Puis, semblant satisfait de son cours d’aujourd’hui, Il range son binocle et retourne chez lui. Dans le tendre foyer où nichait sa famille, Il donnait préférence à sa petite-fille Qui le rendait gâteux, peut-être par amour, Ce petit châtiment que tout le monde encourt, Ce sentiment curieux dans lequel on gazouille, Mais à cause de qui le jugement se brouille.
Et, tout juge qu’il soit, à l’université, L’ibis n’avait au cœur le sens de l’équité. La justice et l’amour ont chacun leur noblesse ; Mais raideur d’une part, et de l’autre souplesse. (1) Réprimer une erreur, c’est en corriger cent. Voici la traduction, mais sans le tutoiement.

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Cette entrée a été publiée le 27 novembre 2012 par dans Oiseau, et est taguée .
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