Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le serpent à sornettes


À sonnette, à lunette… Crotale, cobra… Prend-on le temps de vérifier lorsque l’un deux nous surprend ?
L’un ne voit goutte et l’autre ne dit mot, mais tous deux sont sourds comme des pots …

 
Un crotale au surnom de serpent à sonnettes
Se trouvait dans un champ et scrutait les lunettes
De son ami cobra (1) qui, d’un air entendu,
Semblait l’encourager pour un compte rendu :

« Pas plus tard qu’aujourd’hui, déclara le crotale,
Alors que je voulais apaiser ma fringale,
Je vois passer un ours poursuivant un lapin
Depuis longtemps déjà mis sur mon calepin.
Je n’allais ni laisser un tel vol se commettre Ni laisser cet intrus souiller mon périmètre. Alors, sans hésiter, j’agitais mon bruiteur, Ce qui fit aussitôt s’affoler le chasseur. » Heureux de raconter de pareilles sornettes, Le crotale attendait du cousin à lunettes Un geste approbatif, le signe d’un rampant, Pour s’être comporté comme un brave serpent. Cependant le cobra rajustait ses montures, Comme s’il attendait deux ou trois aventures Avant de décider, en son for intérieur, S’il donnerait crédit aux récits du menteur. Croyant n’avoir pas su paraître remarquable, Ce dernier aussitôt remet donc sur la table Deux fables dont il sait l’effet persuasif, Même sur le public le plus dubitatif.
(Il décide, de plus, en contant ses histoires, De les enjoliver de quelques accessoires.) « Alors ? demande-t-il à la fin du narré Ces récits, mon cousin, vous ont-ils inspiré ? » N’obtenant pas d’écho du serpent à lunettes Il se met à jouer le tocsin de sonnettes, Mais l’autre n’entend rien au bruit de ce clapot, Car en plus d’être myope, il est sourd comme un pot. (2) Il faut tourner trois fois sa langue dans la bouche Pour voir si son public en tient plus d’une couche. (1) Le cobra, le naja, c’est du pareil au même, Les lunettes étant leur principal emblème. (2) En fait, tous les serpents sont de parfaits sourdingues ;(3) Ce qui fait de la fable une histoire de dingues ! (3) Faire parler la bête est chose cohérente, Mais pour la faire entendre il faut bien consentante.

3 commentaires sur “Le serpent à sornettes

  1. anonymous
    18 novembre 2012

    mona79 writes:Mon cher Pitch tu me feras toujours rire avec tes fables démentes. J'en ai fait peu, c'est un genre plus difficile qu'il n'y paraît. Tu t'en tires très bien. Bravo !

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  2. pich24
    5 octobre 2012

    C'est vrai. Ça part de tous les côtés et le liant s'effrite. Je reconnais qu'un bon nombre d'écrits sont moins fouillés que d'autres, preuve certaine de relâchement.C'est une piètre excuse, mais je ne suis qu'un amateur…Et puis, amuser, c'est mon but premier.

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  3. gmayer4
    3 octobre 2012

    amusant mais un peu foullis

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Cette entrée a été publiée le 27 septembre 2012 par dans Reptile, et est taguée .
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