Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le sanglier gaulois


Fable écrite à l’époque des dessins satiriques (fev 2006), qui rentre de nouveau dans l’actualité (sept 2012), et encore aujourd’hui (janv 2015)  et encore (13 nov 2015)…

Un sanglier gaulois chaussé d’une casquette
Avait peur que le ciel lui tombe sur la tête.

Il respectait ainsi, pour leur faire plaisir,
Ancêtres et parents qui, craignant de mourir,
S’étaient attribué ce vêtement loufoque
Pour conjurer un sort à la mode à l’époque. (1)
 Or, voyant le progrès avec circonspection,
Il avait peur de rompre avec la tradition.
sanglier1Le sanglier vivait avec sa belle-mère Qui se moquait souvent de son paratonnerre. Elle allait à la grotte avec le marcassin Dans le but avoué d’on ne sait quel dessein, Et le menait aux champs, même par temps maussade, En grognant : « Crâne nu n’est pas une bravade ! Comment cette coiffure a rapport au trépas ? Sommes-nous foudroyés, nous qui n’en portons pas ? » Le sanglier gaulois, qui la traitait de cloche, Avait plusieurs raisons de haïr belle-doche. Or, un jour où le ciel se montrait menaçant, Il s’enfuit vers la grotte où, tout en blêmissant, Il trouva le portrait du Seigneur de l’orage Un éclair à la main et dans l’autre un fromage. (2) « Ainsi ma belle-mère avec le marcassin Viennent en ce couvert s’illustrer au dessin ! Je dois la condamner pour un pareil oukase. La goutte que voilà fait déborder le vase ! »
sanglier En ces temps reculés, avoir tort ou raison Dépendait de l’avis du chef de garnison, Et, malheureusement, le gendre et son air bête S’était élu l’élu du gang de la casquette. Il portait sur son dos le poids lourd d’un passé, Mais ne craignait en fait que d’être renversé, Ou peut-être inculpé du défaut de clémence ; Pire, pêché mortel, celui de tolérance. Grand-mère fut chassée à grands coups de cailloux, Chose qu’on ne fait plus, même avec les voyous, Alors que dans la grotte où peignait l’hérétique On tentait d’effacer le dessin satirique.
Une caricature agit sur les défauts : Elle prêche le vrai pour débusquer les faux. (1) Si dans le coin traînait un certain Obélix Il est un fait certain qu’ils couraient tous un rix. (2) En Gaule où l’on admet toute caricature, On ne plaisante pas avec la nourriture.

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Cette entrée a été publiée le 28 août 2012 par dans Mammifère, et est taguée .
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