Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le rouget marseillais


Comme dans une bouillabaisse je mêle un peu tout ; la sardine du Vieux-Port, la Marseillaise, l’OM et la révolution. Mais bon…. Le sujet s’y prêtait, il m’a suffit d’un peu exagérer. On est dans le midi, et c’est une fable, non ?

« Pour manger du poisson, l’habitant du midi
N’attend pas forcément que l’on soit vendredi. »
Professait doctement un rouget insulaire
À la classe suivant son cours élémentaire.

« Ils pêcheront demain ! Le quatorze juillet ! »
Ronchonne avec aigreur un mérou grassouillet.
« De plus, dit le fretin, sans respect de la maille,
Leur chalut pélagique engloutit la marmaille. »
« Et quand les Parisiens ramènent la smala, C’est pêche à la bouteille et tout le tralala ! » Poursuit une murène en rejetant le blâme, Sur ces « … » (sic) d’estrangers à la pratique infâme. « Quand leur bruit de moteur nous sonne l’hallali, Je me vois terminer dans un plat d’ailloli. » Lâche pensivement un cabillaud de roche. (1) « Et moi, dit un turbot, je me vois à la broche ! » « Et moi ! », dit un gobie. « Et moi ! » fait le mulet. Tremper dans l’escabèche ou finir en filet ! » Mais on déborde alors de cette humeur mutine Lorsqu’on voit dériver une immense sardine. C’est là que le barbet, qui tremble d’émotion, Va soulever le vent de la révolution : « Mobilise le banc, dit-il à la rascasse. Nous la poussons au port pour obturer la passe. » Chacun était ravi de faire cet effort, Et répéter l’Histoire en bouchant le Vieux-Port. On en profiterait, puisqu’on était en ville Pour pousser la chanson que le rouget de l’île Venait de leur apprendre à fredonner en chœur, Et que l’on entonnait avec grande ferveur.
rouget 2Bonne Mère sonnait quand surgit l’avalanche, Car qui rit vendredi pleurera le dimanche. Et le banc marseillais sifflait les Girondins, (2) En mêlant les bourgeois, les pêcheurs, les gredins. La rascasse et le loup clamaient à fond la caisse : « Abaissez les quotas ! Sus à la bouillabaisse ! » Au fond du défilé les enfants du tarpon Demandaient le retour de la pêche au harpon. Il fallut rassurer la dorade royale Quand la murène dit : « Tous à la capitale ! » (1) Pour sa présence, ici, je ne peux rien promettre. Mais si fable le veut, je peux me le permettre. (2) Lors des événements, ces fameux Girondins Défendaient les bourgeois dans le bas des gradins.

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Cette entrée a été publiée le 24 juillet 2012 par dans Poisson, et est taguée .
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