Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le dindon de la farce


Ou la farce du dindon ?
Poule d’Inde devenue dinde et dindon …

 
Il est en basse-cour un zig peu gracieux,
Offrant à tout chacun un poil facétieux
La possibilité d’exercer des prouesses,
Sans s’attendre à subir ses foudres vengeresses.

Cet étrange animal se nomme le dindon.
Son regard d’ahuri lui confère le don
D’être souffre-douleur du chameau, de la garce :
Les mollets sont au coq ce qu’il est à la farce.

Oyez donc la saga de ce gallinacé
Vivant dans une ferme où tout a commencé.

En cette basse-cour vivaient en bon ménage
Un cheval, une poule, et son aréopage,
Ainsi que le dindon, sujet de leur humour,
Et sujet pour tous deux de la farce du jour.

dindon 2Ils avaient découvert au milieu des ordures
Un flacon infesté par d’étranges mixtures,
Et préparaient un plan subtil et plaisantin
Pour se fendre la poire aux dépens du crétin.

Or, voilà le dindon qui glougloute et s’ébroue,
Qui redresse sa plume et qui leur fait la roue.
« La chance est avec toi !, s’exclame le cheval.
L’avenir appartient au dindon matinal.
Nous allions terminer ce breuvage magique
Qui rend plus explosif que la bombe atomique »

Pour ne pas être en reste en machination,
La poule renchérit de sa prédiction :
« Si tu la bois cul sec, en moins d’une seconde,
Tu finiras tout droit dans les bras de Miss Monde ! »

« Je la connais déjà ! dit l’autre en fanfaron.
Alors n’essayez pas de me faire marron. »
Les complices jurant de leur propre fortune
Exprimèrent le vœu qu’elle devint commune,
Et le brave dindon, s’emparant du goulot,
Promis boire d’un trait pour rincer le culot.

« Nom de Dieu, les enfants, c’est vraiment dégueulasse ! »
Tousse-t-il en grinçant d’une sale grimace.
« On se guérit sans gloire à soigner sans péril. »
Proclame la volaille avec l’air volatil.

dindon 1Mais, inopinément, le dindon se redresse ;
Sous l’effet d’un produit dont l’œuvre charmeresse
Lui permet de tanner le cul du canasson
Puis s’en prendre à l’oiseau d’une telle façon
Que les deux imposteurs en criant à leur mère
S’esquivent pour, au moins, couper à sa colère.

Une dinde rentrant d’un concours de beauté
Embrasse le dindon pour sa vivacité,
Et pour avoir rossé la poule et son comparse,
Devenus, de ce fait, les dindons de leur farce.

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Cette entrée a été publiée le 9 mars 2012 par dans Oiseau, et est taguée .
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