Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

La sardine marseillaise


Inspirée d’une histoire vraie déformée en fable, cette fable a été écrite à l’aide du « Parler Marseillais »; locutions et expressions qui émaillent les palabres autour des parties de boules ou des matches du Vélodrome …

En rade marseillaise, où vit Escartefigue,
Une sardine, un jour, se bloqua dans la digue,
Bouchant l’entrée d’un port où le brave pêcheur
A l’exagération vissée au fond du cœur.

Le public phocéen s’en vint sur la corniche,
Et en Méridional qui s’adonne au pastiche,
Se mit à imiter les gesticulations
De ce poisson privé d’autres évolutions.
Même les supporters du stade vélodrome S’arrêtaient désormais près de la rue de Rome. « Oh fatche ! disaient-ils. Vé son tafanari ! (1) Un bofi (2) comme ça, dégun te le chérit. » Mais il fendit le cœur des gadjis et cagoles, Qui lui vouait déjà le culte des idoles, Et chaque jour passant apparut un moulon (3) Venu spécialement guincher à l’agachon (4) Avec cette sardine en professeur de danse Qui donnait des leçons en parfaite ignorance. Mais la sardine un jour s’extirpa du Vieux-port, Abandonnant Marseille à son coquin de sort. On s’aperçut alors, qu’en cité de Marseille, Chacun se déhanchait de la même pareille.
Il fallut à la danse un nom méridional : Et ce fut le mià qu’on choisit au final. On se serre à présent sur une piste étroite, En dansant le mià de la sardine, en boîte. (1) C’est un terme italien qui désigne des fesses Ou des culs empâtés par de mauvaises graisses. (2) C’est un diminutif qui vient de bouffarigue : Le gars un peu enflé, du genre Escartefigue. (3) C’est un attroupement, cette raille de gens Que l’on voit affluer autour des accidents. (4) Guincher veut dire voir, et quant à l’agachon, C’est surveiller les lieux comme fait le maton.

2 commentaires sur “La sardine marseillaise

  1. pich24
    3 août 2017

    Merci pour le commentaire. J’avoue m’être appuyé sur un livre nommé je crois « Le parler Marseillais ». Car Marseille c’est Marseille. Je suis né et habite à 40 km seulement, et je ne parle toujours pas marseillais.C’est pas ma langue maternelle… Mais je n’allais pas louper la sardine pour une si petite infirmité !

    J'aime

  2. Curare-
    2 août 2017

    Haute voltige !
    « ‘Calan de Vilafranca,
    Per croumpa un capeù, »
    Non mais vous pensez provincial comme 1 parisien té !

    Aimé par 1 personne

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Cette entrée a été publiée le 31 janvier 2012 par dans Mythologique, Poisson, et est taguée .
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