Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

La sirène d’alarme


En recherche d’animaux plus originaux, j’ai eu l’idée d’intégrer des Mi-My (mi-hommes, mi femmes, mi animaux, mi Dieux, My-thologiques) pour voir.
Voilà …


Le chant de la sirène est, pour les gens de mer,
Le présage annoncé d’un voyage en enfer.

Cette femme-poisson, synonyme d’alarme,
Attire par sa voix, mais surtout par son charme,
Le marin qui succombe à ses traits suggestifs,
Et navigue tout droit vers des bancs de récifs.

Or, voilà qu’un beau jour, se présente un navire
Que ses airs langoureux ne semblent pas séduire.
La charmeuse s’étend sur le champ onduleux (1)
Et trouve un équipage aux monstres fabuleux !
S’y distingue un cyclope avec le Minotaure, Une harpie, un griffon, flanqués par un centaure, Sous les ordres d’un troll et la garde d’un djinn Qui fait en haut du mât vigie ou muezzin : « Alerte ! Nous entrons dans un chant de sirènes Dont on dit que les airs sont hallucinogènes. » Mais vingt mètres plus bas chez les êtres fictifs On connaît la légende et ses mots excessifs. Le cyclope prétend qu’avec sa longue-vue Il peut voir d’où provient cette voix imprévue ; La licorne, qui vole, estime d’un coup d’œil Que Mélusine, hélas, n’est pas de bon accueil. Le griffon se fait fort d’envoyer dans l’abysse Qui referait le coup de la saga d’Ulysse ; Le capitaine troll, au vu de ce pétrin, Marmonne entre ses dents des jurons de marin ; Tandis que le chant tape aux tympans du centaure Autant qu’au sieur Haddock l'air de Castaphiore.
sirene 3Enfin, le djinn-vigie et son tapis volant, Part faire ravaler le sifflet du sifflant. Il trouve la nymphette, égrenant ses octaves, Au beau milieu d’un champ où jonchent mille épaves. Or, la femme-tocsin dit à l’audacieux La narguant d’un tapis qui la toise des cieux : « Holà du tatami ! De par ma chansonnette J’enfume le bateau, mais jamais la moquette ! » Le génie épand donc, pas très copain-copain, Les poudres d’escampette et de perlimpinpin, Qui devraient éloigner la déesse aquatique, Et réduire à néant son essence magique. Au final, toutefois, le mélange fripon Obligea la sirène à déclamer pin-pon ; Ce qui servit plus tard de point de balisage À tous les bâtiments croisant au voisinage. Un peu de poudre aux yeux sur la mythologie, Et la fable enchantée apparaît par magie. (1) Une queue de poisson sur un corps féminin Ne lui permet, hélas, d’avoir le pied marin.

2 commentaires sur “La sirène d’alarme

  1. Bonnefoy Camille
    20 mars 2015

    Merci pour cette fable. Aujourd’hui, le soleil a rendez vous avec la lune. N’ayant pas les bonnes lunettes, je choisis de vous lire pour préserver la vue.

    Aimé par 1 personne

    • pich24
      22 mars 2015

      Oui, la fable peut grossir le trait, alors peut-être, comme vous dites, elle peut se passer de lunettes. Merci.

      J'aime

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Cette entrée a été publiée le 23 janvier 2012 par dans Homme/femme, Marin, Mythologique, et est taguée , .
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