Outre-fables

Il me plait de croire, puisque personne ne le saura jamais, que si La Fontaine m'avait lu, il m'aurait adoré

Le miroir aux alouettes


Pas la meilleure. Et loin de là … Mais bon. Comme chez le boucher je dirais : Y’en a un p’tit peu plus. J’vous l’mets quand même ?


Concernant l’alouette, il est une rengaine
Dans laquelle on promet aux airs de turlutaine
De lui plumer le dos, de lui plumer le bec,
De lui plumer la tête, et de lui plumer etc. (1)

Une alouette eut vent de cette goualante,
Et prit fort au sérieux la chanson menaçante
Qui, sous un air léger, camouflait la teneur
D’en vouloir à sa plume ainsi qu’à son honneur.
Ne voulant terminer en cocotte-minute, L’alouette grisolle en poussant sa turlute ; Elle ameute les siens afin de concocter Un plan qui soit garant de leur intégrité. « Chaque jour surveillons deux par deux nos plumages Pour savoir si le crâne a subi des dommages ! D’après ce que j’entends dans ce pauvre navet, C’est d’abord sur la tête où l’on prend le duvet. » Or, un petit matin d’une clarté limpide, Un éclat fugitif, un tantinet sordide, Attira l’attention du chef des commandos Qui craignait pour sa tête et son bec et son dos. Il s’y rend et découvre une sœur alouette Qui a l’air de quelqu’un ayant toute sa tête. (2) Elle retourne au clan, tenaillée par la peur, Mais tout le monde dit qu’il s’agit d’une erreur. N’osant y retourner, elle supplie que toutes S’en aillent sur-le-champ lui enlever ses doutes, Cette folle anxiété qui lui coupe le mot De se voir affubler d’un surprenant jumeau.
alouette 1Hélas, cette mission n’eut guère de fortune, Car la troupe y vola, mais n’en revint aucune. La récolte fut bonne au regard du chasseur, Appliquant la chanson à la lettre d’auteur. Pour ne plus avoir peur de perdre son plumage, L’alouette craignant la parole et l’image S’est posé sur la tête un énorme entonnoir Qui l’empêche d’entendre et l’empêche de voir. Avec cet instrument, elle qu’on dit gentille, Quand les fous voleront sera chef d’escadrille. (1) Il s’agit d’un essai de rime acrobatique Qu’on pourrait qualifier de prouesse technique, S’il n’existait cet os ou n’existait ce hic, Que cette rime-là ne sonne pas très chic. (Mais je la laisse.) (2) Celle qui ne l’a pas, s’appelle la paupiette, Mais aussi, justement, l’alouette sans tête. aloette 2

 

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Cette entrée a été publiée le 17 septembre 2011 par dans Oiseau, et est taguée .
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